EPM et IA pour améliorer le pilotage de la performance
Les EPM pour fiabiliser, centraliser et simplifier la donnée Finance
Atouts majeurs pour les pôles Finance, les EPM (Enterprise Performance Management) réduisent les manipulations manuelles et les risques d’erreur qui en découlent. En devenant la source de données unique et fiable, l’EPM constitue le socle dont découle tout le travail analytique et prédictif. Il rend obsolète l’empilement de fichiers Excel aux multiples versions dispersées. Le temps alloué à la budgétisation, aux prévisions et à la simulation de scénarii s’en trouve ainsi renforcé. De quoi permettre au équipes Finance de répondre aux nouvelles attentes des Comités exécutifs : rapidité et aide à la décision.
Les EPM permettent en particulier de passer d’une gestion des données en “2D” à une approche multidimensionnelle. Sur Excel, les données sont organisées dans des grilles de lignes et de colonnes. Pour ajouter un nouvel axe d’analyse, il faut multiplier les colonnes, onglets, formules, voire même des fichiers entiers. Un EPM structure nativement la donnée selon les dimensions voulues : produit, période, centre de coûts…
Permettre une analyse multidimensionnelle
Ainsi, considérons un chiffre d’affaires de 10M€, reproduit dans excel par une ligne CA | France | Produit A | 2026 | Budget | 10 M€. Pour analyser ces 10 M€ sous plusieurs dimensions (produit, région, comparaisons Budget VS réel, …), les croisements se font un par un et l’opération peut s’avérer fastidieuse.
Les EPM permettent d’associer ces 10 M€ à plusieurs dimensions :
- Dimension 1 – Compte = Chiffre d’affaires
- Dimension 2 – Entité = France
- Dimension 3 – Produit = A
- Dimension 4 – Période = 2026
- Dimension 5 – Scénario = Budget
- Dimension 6 – Centre de coûts = X
La donnée peut ainsi être analysée simultanément selon ces différents axes. Le contrôleur de gestion peut passer du chiffre d’affaires annuel au détail par produit, comparer le réel au budget, sans reconstruire un nouveau fichier pour chaque analyse. Il a simplement à croiser les dimensions qui l’intéressent au sein de son outil.
L’IA pour automatiser et accélérer la prise de décision
L’intelligence artificielle (IA) permet d’automatiser et accélérer l’exécution de tâches chronophages, répétitives et/ou à faible valeur ajoutée. Il peut s’agir d’automatiser la production de commentaires de reporting, de détecter une anomalie dans les données, etc. Directement intégrée à un EPM, l’IA peut aussi améliorer la prévision en suggérant un plus large éventail de scénarios pour enrichir la réflexion.
Outiller la Finance : les risques d’une implémentation mal maîtrisée
Si ces outils et technologies élargissent considérablement le champ des possibles, il ne faut pas tomber dans certains écueils.
Le premier écueil et le plus évident serait de vouloir à tout prix déployer une nouvelle technologie avant même de penser aux réels besoins de l’organisation. Parfois, une utilisation optimale d’Excel suffit. C’est quand les capacités d’Excel ne suffisent plus à traiter une volumétrie trop importante de données, ou quand les reportings ne répondent plus aux attentes, que la mise en place d’outil est pertinente.
De la même manière, implémenter une technologie en faisant migrer les erreurs du processus existant vers le processus cible ne fait que déplacer le problème. L’amélioration requiert de repenser le système en amont et déployer l’outil ensuite. Pour que l’implémentation d’un d’EPM soit réussie et que l’approche multidimensionnelle fonctionne bien, il faut avoir préalablement bien défini les dimensions à analyser, les règles de gestion à appliquer. Et avant toute chose, il faut utiliser des référentiels communs (plans de comptes, centres de coûts, etc).
Enfin, troisième écueil, la question du contrôle des données impose aux équipes une utilisation prudente de l’IA. D’autant que l’IA fonctionne en partie comme une boîte noire : difficile de retracer le raisonnement entre une consigne initiale et le résultat livré. Cela pose un problème de traçabilité et de responsabilité.

Pilotage de la performance : sortez du flou
Transformer la Finance, pas simplement l’outiller
Implémenter une technologie n’est pas en soi suffisant pour hisser la fonction Finance au rang de partenaire stratégique d’un Comex.
C’est le choix du bon outil – qui répond aux besoins spécifiques de l’entreprise, s’insère convenablement au sein de l’environnement IT (ERP, CRM, …) et est adopté par les équipes – qui permet de parler de Finance augmentée.
La prochaine étape de cette Finance augmentée pourrait bien être celle d’un agent IA dédié à chaque collaborateur, capable de l’accompagner au quotidien dans ses missions. Cette évolution ne pourra être durable que si elle s’accompagne d’une exigence forte : ne pas sacrifier la traçabilité à l’automatisation. Un agent IA doit pouvoir conserver un historique des actions réalisées et permettre à l’utilisateur de reprendre la main à tout moment.
À terme, chaque collaborateur Finance pourrait ainsi disposer de son propre « copilote », capable de s’adapter à son périmètre. Une Finance augmentée où la technologie ne remplace pas l’expertise humaine, mais la renforce.
***
Cet article s’appuie sur les échanges de la rencontre organisée le 9 avril 2026 par SeaBird sur le thème « Pilotage de la performance : la finance augmentée, pour quoi faire ? »